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Un expert insiste pour le consommer local

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Dakar, 16 avr (APS) - L’expert sénégalais en alimentation Pierre Ndiaye préconise la consommation des produits locaux, une habitude relevant selon lui du "civisme alimentaire de bon sens".

(…) Je dis que le civisme alimentaire de bon sens veut que chaque Sénégalais encourage davantage la consommation de la production locale transformée et non la production basée sur des importations. C’est un peu ce que j’appelle le civisme alimentaire de bon sens", a-t-il notamment soutenu.

M. Ndiaye, président directeur général d’une société spécialisée dans le yaourt, s’exprimait en marge d’une conférence publique organisée dans le cadre du Malabo Montpellier Panel, sur le thème "Mécanisation et transformation des chaînes de valeur agricoles en Afrique".

Le Panel Malabo Montpellier, hébergé par l’Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (IFPRI, en Anglais), a pour mission de promouvoir un dialogue fondé sur des analyses et des données probantes, afin de mieux orienter les choix politiques et d’accélérer les progrès vers les objectifs ambitieux établis par la déclaration de Malabo.

Cette déclaration consiste à atteindre la sécurité alimentaire, améliorer la nutrition et réduire la pauvreté de moitié d’ici 2025.

"Aujourd’hui, le secteur privé (sénégalais) est invité à s’investir avec des techniques plus avancées, plus élaborées pour pouvoir produire en quantité plus importante et en qualité plus rassurante pour les consommateurs sénégalais et à des prix accessibles parce qu’on ne vend pas de l’or, on vend des produits alimentaires", a souligné l’expert sénégalais. 

Il a expliqué qu’au Sénégal, "avant l’indépendance, la consommation n’était pas basée sur le riz", mais "sur les céréales locales. Et chaque ethnie avait sa manière interne de préparer ces céréales locales (…)".

Selon l’expert, après les indépendances, "les comptoirs commerciaux ont été installés au Sénégal et qui étaient basés sur l’importation de matières premières pour la consommation".

La facilité de préparer ces céréales importées a ainsi amené progressivement les femmes à préférer le riz à la place du couscous par exemple, "dont la cuisson prend plus de temps", a-t-il indiqué.

"La conséquence, c’est que sur le plan financier, nous mangeons la production des agriculteurs européens, asiatiques ou autres, pendant ce temps-là, le paysan sénégalais qui n’a comme compétence que la terre, ne peut plus assurer la commercialisation de sa production" a-t-il fait valoir.

 "Ainsi, le paysan sénégalais pense à changer de métier’’ et "abandonne progressivement" le travail de la terre, ce qui fait qu’il "ne pourra plus nourrir plus sa population", a indiqué Pierre Ndiaye.

SG/BK/ASG

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