Communiqués de presse

Un nouveau rapport soutient que la mécanisation de l’agriculture africaine peut stimuler l’emploi rural et enrayer les flux migratoires

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Le Panel Malabo Montpellier compile les politiques et les investissements nécessaires pour mécaniser avec succès les chaînes de valeur agricoles en Afrique

LILONGWE, MALAWI (10 juillet 2018) – Un nouveau rapport présentant des données probantes pour guider les gouvernements africains vers la réussite de la mécanisation des chaînes de valeur agro-alimentaires a été lancé aujourd’hui par le Panel Malabo Montpellier, un groupe de 17 experts africains et internationaux.

Le marché africain des aliments et des boissons devrait atteindre 1 billion de dollars d’ici 2030. Grâce aux progrès des énergies renouvelables et de la technologie numérique, l’Afrique pourrait survoler les étapes de développement technologique que d’autres régions ont dû traverser, ce qui permettra un processus de mécanisation rapide et extrêmement lucratif, selon le rapport.

Le rapport aborde les préoccupations selon lesquelles la mécanisation de l’agriculture africaine pourrait diminuer les opportunités d’emploi. Actuellement, les marchés du travail urbains subissent la pression des jeunes qui migrent des zones rurales vers les villes. D’ici 2030, on prévoit que le nombre de jeunes en Afrique aura augmenté de 42%. On estime que 30 millions de jeunes rejoindront le marché du travail chaque année.

« Notre rapport brise le mythe selon lequel la mécanisation de l’agriculture africaine va entraîner une diminution de l’emploi. Lorsqu’elle est bien réalisée, elle peut améliorer l'emploi », a commenté Ousmane Badiane, co-président du Panel Malabo à Montpellier. « L’emploi rural est essentiel pour réduire la pauvreté, la migration et l’instabilité politique, faisant par là même de la mécanisation un investissement judicieux pour les objectifs de paix et de sécurité ».

Le rapport, intitulé « Mécanisation - Transformer les chaînes de valeur agricoles en Afrique », a été lancé lors du Forum Malabo Montpellier à Lilongwe, qui a réuni des ministres africains et de hauts fonctionnaires autour des débats sur les conclusions des experts.

« Les décideurs africains souhaitent une mécanisation adaptée à leurs communautés agricoles », a commenté le Très Honorable Saulos Klaus Chilima, Vice-Président de la République du Malawi, co-président du Forum Malabo Montpellier. « Ce rapport nous fournit les données dont nous avons besoin pour élaborer les stratégies qui feront de l’Afrique un continent prospère pour l’agro-industrie et pour les investisseurs de l’agro-industrie. »

« La mécanisation, ce n’est pas seulement l’introduction des tracteurs », a commenté Joachim von Braun, co-président du Panel Malabo Montpellier. « Ce rapport met l’accent sur les opportunités d’investissement tout au long de la chaîne de valeur agricole – de la petite production agricole au transport et au stockage, en passant par la transformation. »

« Cela permettra de réduire les énormes pertes alimentaires et de contrebalancer l’augmentation des importations alimentaires en Afrique. Les jeunes ruraux exigent la mécanisation pour réduire le fardeau du travail manuel. S’ils n'obtiennent pas ces opportunités, ils continueront à s’en aller », a-t-il ajouté.

L’analyse des politiques et des investissements réalisés par sept pays africains déterminés à être à la pointe de la mécanisation constitue un des éléments clés de ce rapport. L’Éthiopie, le Maroc, le Mali, le Rwanda, la Tanzanie, le Malawi et la Zambie ont tous enregistré une forte croissance de la mécanisation et de la production agricole. Leur expérience montre que les pays africains peuvent commencer à combler les écarts importants entre eux et d’autres régions en développement. Une mécanisation réussie sera déterminante pour relever les défis majeurs sur le continent, de l’escalade des coûts d’importation des produits alimentaires au chômage rural endémique.

Les sept recommandations énoncées dans le rapport sont les suivantes :

1. Développer des plans nationaux d’investissement dans la mécanisation agricole dans le cadre des Plans Nationaux d’Investissement Agricole des pays ;

2. Mettre l’accent sur les voies de la mécanisation et les stratégies qui génèrent de nouvelles opportunités d’emploi ;

3. Donner la priorité à la mécanisation tout au long de la chaîne de valeur alimentaire, et non pas uniquement au niveau de la production ;

4. Investir dans les infrastructures de soutien, telles que les systèmes d’irrigation et les réseaux électriques ;

5. Inciter le secteur privé à investir dans la mécanisation à travers des exonérations fiscales et des subventions intelligentes ;

6. Utiliser des partenariats public-privé pour développer des industries de machineries locales afin d’assurer une technologie abordable et appropriée ;

7. Fournir des services localisés qui associent la demande des agriculteurs aux technologies appropriées.

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