Communiqués de presse

Un nouveau rapport estime que le plus important « dividende numérique » de l’Afrique se trouve dans ses zones rurales

Une nouvelle étude du Panel Malabo Montpellier souligne les nombreuses possibilités d’investissements tout au long de la chaîne de valeur agricole qui permettraient aux agriculteurs africains de réaliser une avancée spectaculaire en termes de pratiques modernes

Byte by byte

25 Juin 2019. KIGALI, Rwanda – Selon ce nouveau rapport, les innovations numériques offrent non seulement des possibilités de transformation des zones rurales et de l’agriculture en Afrique, mais aussi un moyen de relever les autres défis émergents du continent que sont le chômage des jeunes, l’insécurité alimentaire et le maintien de la croissance économique.

Dans un continent où environ 60% de la population a moins de 24 ans, un Africain sur quatre – le taux le plus élevé au monde – vit encore en situation d’insécurité alimentaire.

« L’occasion est parfaite pour développer l’agriculture numérique dans toute l’Afrique rurale », déclare le Professeur Joachim von Braun, coprésident du Panel Malabo Montpellier. « Les nombreux outils numériques émergents ciblant l’agriculture et les services vont générer des emplois attractifs sur le continent dans les décennies à venir. »

Le rapport intitulé Byte by Byte: Policy Innovation for Transforming Africa’s Food System with Digital Technologies sera lancé le 25 juin à l’occasion du  Forum Malabo Montpellier qui aura lieu à Kigali, au Rwanda. Les participants au Forum seront invités à débattre sur la question de l’augmentation récente du niveau d’adoption technologies mobiles en Afrique, sur les limites actuelles et sur les priorités pour l’avenir.

Le rapport incite les investisseurs à cibler les infrastructures dites « du dernier kilomètre » afin de réduire la fracture numérique entre les zones urbaines et les zones rurales, sans oublier les connexions au réseau électrique, les télécommunications fiables et la connexion Internet. Il recommande également la création de pôles d’innovation numérique et la mise en place d’avantages fiscaux tels que la réduction des tarifs à l’importation – qui permet de faciliter l’entrée des technologies sur les marchés locaux actuellement limités. Les autres recommandations concernent, entre autres, le financement à long terme, l’internet (mobile) abordable, les normes de concurrence loyale et les prix globalement plus bas pour les consommateurs. 

Au Rwanda, l’exemple est donné par le gouvernement qui a construit la Cité de l’innovation de Kigali, un centre de transformation numérique d’une valeur de 2 milliards de dollars qui réunira des universités de classe mondiale, des entreprises technologiques et de jeunes entrepreneurs provenant de toute l’Afrique.

Il convient de placer la digitalisation au centre des politiques nationales de développement agricole et des plans d’investissement public. Dans le même temps, il est nécessaire de mettre en place, d’une part, un cadre réglementaire transparent pour promouvoir une adoption plus importante des technologies et des services numériques et, d’autre part, des politiques de confidentialités pour équilibrer la libre circulation des données et de l’information.

« En développant la digitalisation de manière intelligente à l’échelle du continent, les pays africains auront la possibilité de surmonter les nombreux obstacles infrastructurels, institutionnels et technologiques qui entravent la croissance et la transformation de l’économie agricole et rurale », a déclaré Ousmane Badiane, coprésident du Panel Malabo Montpellier. « Autrement, il faudrait plusieurs générations et des investissements considérables pour surmonter ces obstacles – et les pays ne disposent ni du temps ni de l’argent nécessaire à cet effet. »

« Les technologies numériques peuvent être exploitées de manière à améliorer les compétences, fournir des services, connecter les entreprises, ce qui permettra d’atteindre – rapidement et à moindres coûts – une masse critique d’opérateurs à travers des zones géographiques très dispersées » ajoute Dr. Badiane.

Le domaine qui, selon le rapport, pourrait grandement bénéficier de l’innovation digitale est celui de la réduction des pertes post-récolte – un problème crucial dans la chaîne de valeur agricole de l’Afrique – estimées à 37 pour cent de la production totale par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture.

Le rapport soulève également les questions du déficit d’alphabétisation numérique et du déficit de compétences en technologies de l’information, en particulier chez les agriculteurs, les agents de vulgarisation et les entrepreneurs de l’agriculture connectée. Si l’Afrique ne résout pas ces problèmes en amont, les efforts déployés par la région pour se positionner en acteur ou en leader de la quatrième révolution industrielle pourraient être vains et desservir le secteur agricole.

Néanmoins, les avantages de la digitalisation sont déjà largement perceptibles dans la chaîne de valeur agricole, depuis la fourniture d’accès à l’information et à d’autres services (notamment financiers) jusqu’à l’amélioration des connexions avec les marchés. Blockchain, Big Data, la robotique, l’Internet des objets, mais aussi des innovations plus sobres et moins coûteuses, figurent parmi les technologies utilisées.

Des applications telles que FarmCrowdy et FarmDrive au Kenya, qui utilisent la technologie du Big Data pour établir des cotes de solvabilité pour les agriculteurs, ont aidé des milliers de personnes à accéder à des prêts. Des outils tels que le capteur SmartFarm de la société nigériane Zenvus et le système de prévision météorologique d’Ignitia au Ghana fournissent aux agriculteurs des données sur les sols et les conditions météorologiques qui leur permettent de renforcer leur résilience – améliorant ainsi leur gestion des chocs – et d’accroître leur productivité. Les technologies Hello Tractor au Nigeria et au Kenya et les applications TROTRO Tractor au Ghana, quant à elles, aident les agriculteurs à identifier les tracteurs disponibles à la location dans leur environnement immédiat.

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Note aux rédacteurs

Pour toute demande d’entretien ou pour recevoir un exemplaire du rapport sous embargo, veuillez contacter :

Michael Hoevel

Marchmont Communications

michael@marchmontcomms.com

+44 7962 657 322

Hawa Diop

Malabo Montpellier Panel

h.diop@cgiar.org

+221 775150812

A propos du Panel Malabo Montpellier

Le Panel Malabo Montpellier réunit 17 éminents experts spécialisés dans les domaines de l’agriculture, de l’écologie, de la nutrition et de la sécurité alimentaire, qui œuvrent ensemble dans le but d’accélérer les progrès vers la sécurité alimentaire et une meilleure nutrition en Afrique. Le Panel identifie les domaines dans lesquels des progrès et des changements positifs ont été réalisés sur l’ensemble du continent et évalue les caractéristiques particulières des pays les plus performants. Il identifie ensuite les innovations institutionnelles les plus importantes ainsi que les interventions en matière de politiques et de programmes qui peuvent être reproduites et reprises par d’autres pays. Il est hébergé par le Bureau de l’Afrique de l’Ouest et du Centre de l’Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (IFPRI), l’Université de Bonn et l’Imperial College de Londres et son siège se trouve à Dakar. Il est coprésidé par Dr. Ousmane Badiane, Directeur Afrique de l’IFPRI, et Professeur Joachim von Braun, Directeur du Centre de Recherche pour le Développement, Université de Bonn.

www.mamopanel.org

A propos du Forum Malabo Montpellier

Le Forum Malabo Montpellier offre une plateforme de promotion de l’innovation politique à travers l’utilisation des données empiriques produites par le Panel pour faciliter le dialogue et les échanges entre les décideurs de haut niveau sur l’agriculture, la nutrition et la sécurité alimentaire en Afrique. Les réunions du Forum sont guidées par les rapports techniques préparés par les membres du Panel Malabo Montpellier. Il est coprésidé par le Très Honorable Saulos Klaus Chilima,

Vice-Président de la République du Malawi et Son Excellence Abdoulaye Bio Tchané, Ministre d’État chargé de la Planification et du Développement de la République du Bénin.